Théma
Notre devoir
de mémoire
SOI et Camp
de la Paix de Mainville, pépinières de résistants
Dès
1933, on savait
Volontaires
de la Guerre d‘Espagne
Les Fusillés
du 30 avril 1944 à la prison de la Santé
La Mutinerie
du 14 juillet 1944 à la prison de la Santé. Témoignage
Du
nouveau sur la Libération
de Draveil [1] [2]
Déportés,
Internés de Draveil [Cartes]
Déportés,
Internés, Résistants de 1939-1945, Draveil
Déportés,
Internés de Vigneux [Cartes]
Déportés,
Internés, Résistants de 1939-1945, Vigneux
Jeunesse résistante Draveil Vigneux
Exposition
"Draveillois(es) en Résistance"
Exposition
" Parcours Santé "
Concours National Résistance Déportation
1908 - Les Grèves de Draveil-Vigneux
Notices
biographiques
AUCLAIR Marcelle
BERNIER Mauricette
BIANCHI Sonia
BRÉANT Geneviève
BROSSARD Pierre
BRU Léon
CAZIN Marcel
CHADEL Julien
DEGUÉRET-LEBERRE Simone
DEGUÉRET-PAYEN Suzanne
DE WITTE
DREYFUS
Georges
Colonel FABIEN
GEORGES Pierre (Colonel FABIEN)
GERVAIS Sylvain
GUEGUEN-DREYFUS
Georgette [1] [2] [3] [4]
HAZEMANN
Jean-Jacques [1] [2]
HAZEMANN Robert-Henri
HANSEN-ROTENSTEIN Geneviève
JEUNON
Jacqueline [1] [2]
JEUNON
(Famille) [1] [2-Morning
Star]
JEUNON Madeleine
JULIAN Camille
JULIAN Fernand père
JULIAN Fernand fils
LAFARGUE Paul
LE
BAIL René
LE
BERRE Maurice
LEJEUNE Adrien
LE LAY Antonine dite "Julienne"
LE LAY Désiré
LEROY
André
LEROY-RODRIGUEZ Geneviève
LINARD Marcel
MAHN Berthold
MANGIN-SOUCHE
Lucienne
MARX-LAFARGUE Laura
MARZIN Madeleine
MATHA Armand
MATHIS-NOYER Émilie
dite «Lili»
MENVIELLE Charles
MOREAU Germaine
NOYER Paul
OUZOULIAS Albert
PASDELOUP Auguste
PAYEN
Roger [Sommaire] [1] [2] [3] [4]
PICARD R.
PIECK Wilhelm
PRÉVOST Alain
PRÉVOST Jean
PRÉVOST Michel
RODRIGUEZ André
RODRIGUEZ Gonzalo
SADOUL Jacques
SCHNAIDERMAN Gdalien
TAILLADE
Auguste dit Pierre
TRIOULLIER Jean
TRIOULLIER Lucienne
Les auteurs
Georges DREYFUS2 avril 1901- 30 août 1944 |
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Né le 2 avril 1901 à Vesoul (préfecture de la Haute-Saône), décédé le 30 août 1944 à Neuillay-les-Bois (Indre) lors dune embuscade des « Hindous » de la colonne Elster pendant une mission. Résistant FTP, officier dÉtat-major, il a le grade de capitaine FFI dans larmée de la Résistance intérieure, la Croix de guerre et la Légion dHonneur. Avec ses amis denfance de Vesoul Georges COGNIOT, futur normalien, et Jean LODS, le futur cinéaste davant-garde, il sengage très jeune dans le mouvement social. Tous trois deviennent des militants communistes. Début 1933, en compagnie de Jean LURÇAT, de Fernand GRENIER et de Paul VAILLANT-COUTURIER, il lance et développe la revue Russie daujourdhui, publication des AUS (Amis de lUnion Soviétique ). Lhistorien Claude WILLARD dira de cette organisation : « Cette Association a joué, dans la genèse du Front populaire et dans une meilleure connaissance de lURSS, un rôle de premier plan, jusquà présent ignoré ou sous-estimé ». Georges DREYFUS est élu conseiller municipal en 1935 à Draveil, lune des premières municipalités communistes du Front populaire. Initiateur politique, il assure la formation politique du Parti et de la jeunesse lors de nombreuses conférences. Membre du SRI (Secours Rouge International), il sengage dans les Brigades internationales et part pour lEspagne le 24 octobre 1936. Par décret du 26 février 1940, avec quatre autres élus communistes, il est déchu de son mandat de Conseiller municipal de Draveil, pour son refus de signer un engagement de renoncer à la politique. Ils seront réhabilités à la Libération. Interné politique par la police française pour fait de résistance, il est ensuite libéré et entre dans les maquis FTP de lIndre, comme un autre Draveillois, Julien CHADEL. Fondateur du Front national (le vrai Front National de lutte…) de lIndre(17), Georges DREYFUS en devient le secrétaire puis le président dhonneur. Sa femme Georgette GUÉGUEN-DREYFUS, écrivaine, maquisarde et journaliste, dirigera le secrétariat du Front national dans ce département. Il trouve la mort le 30 août 1944 dans les combats de la Libération au cours dune mission au moment du repli de la colonne Elster. |
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Georges DREYFUS naît le 2 avril 1901 à Vesoul, préfecture de la Haute-Saône, dans une famille juive. Comme tous les jeunes du Nord et de l'Est de la France, il est marqué par les atrocités de la guerre de 1914-1918. Une amitié le lie dès l'enfance à Georges COGNIOT (1), normalien catholique, et à Jean LODS (2), cinéaste d'avant-garde protestant, également originaires de Vesoul. Leurs spécificités religieuses ne feront jamais obstacle à leur amitié. Tous trois s'engagent dans le mouvement social et deviennent des militants communistes. En ce début de XXe siècle, le choc nest pas entre les civilisations ou les religions, mais entre les classes sociales. Georges COGNIOT dira à ce sujet (3) : « jai toujours vécu avec mes camarades non catholiques dans la même intimité que sils eussent été mes coreligionnaires. Il ne me venait pas à lesprit quils puissent être différents de moi, et lidée quun homme pouvait avoir à pâtir de sa religion était entièrement absente de mon univers spirituel ». Dès sa jeunesse, Georges DREYFUS montre un vif intérêt pour la Révolution russe. En 1921-1922, avec Georges COGNIOT, son camarade d'études depuis les petites classes, il prend une part active à la campagne de solidarité avec les victimes de la famine dans le bassin de la Volga. Ils projettent de donner une conférence avec projection au théâtre de Vesoul. Georges COGNIOT raconte cet épisode de leur jeunesse (3) : « Avec mon ami Georges DREYFUS, un plan de bataille fut dressé. Georges DREYFUS était mon ancien camarade du lycée Gérôme ; je le voyais le dimanche chez son amie Georgette GUÉGUEN, la future romancière. Cest là aussi que je fis connaissance dune cousine de Georges, fille dun petit bijoutier de Besançon, qui était mort ruiné. Un peu plus jeune que moi, Renée séduisait par sa beauté. Je devais lépouser en 1923 Tous les quatre, nous travaillions à mobiliser lopinion vésulienne pour laide aux affamés. Il fallait intéresser les notabilités, les négociants, larchiprêtre, le pasteur ; ce fut fait sans trop de peine. Je demandai un rendez-vous à Jules JEANNEREY, sénateur de la Haute-Saône, ancien ministre, et je me rendis avec DREYFUS à son appartement du Champ-de-Mars Malgré le refus de JEANNEREY de patronner notre entreprise, le soir de ma conférence, le théâtre de Vesoul était archicomble. La recette fut magnifique. Cétait une cousine de Georges DREYFUS, lavenante Yvonne DREYFUS, fille dun importateur de café, qui faisait la quête Tous les hommes de cur étaient révoltés, à lépoque, par les marchandages du gouvernement de Paris, qui, en échange de quelques secours aux affamés, voulait obtenir des Soviétiques la reconnaissance des dettes du régime tsariste et du gouvernement provisoire Dans la presse et au parlement, les communistes ont dénoncé la machination, et ils ont réussi à transformer laide aux affamés de la Volga en un mouvement de masse pour la transformation des rapports franco-soviétiques ». Après des études universitaires d'ingénieur-chimiste, Georges DREYFUS occupe le poste de sous-directeur d'une usine de papier appartenant à un parent (4). DREYFUS est alors amené à déménager
en Région parisienne. Un rapport de police note sa présence
le 15 juillet 1931 à l'assemblée générale
des Rabcors réunie salle de la Bellevilloise dans le XXe arrondissement
de Paris. Il habite alors 13 quai de l'Industrie à Athis-Mons (Essonne)
(4). Le couple déménage ensuite à Draveil et loue une partie du pavillon de Fernand JULIAN, 5 allée des Deux-Cèdres à Paris-Jardins.
Dans ce même pavillon sont hébergés trois réfugiés
politiques allemands. Chassés dès 1933 par l'arrivée
au pouvoir d'HITLER, Karl, Helmut et Yup passent quelques mois chez Roger
et Suzanne PAYEN, au 1 rue Jean Jaurès à Draveil, vivant
de petits boulots fournis par les camarades. Puis ils s'installent dans
le pavillon des JULIAN où Roger PAYEN décore leur logement
d'une fresque. Deux de ces Allemands, Karl et Helmut partiront dès
début octobre 1936 comme volontaires dans les Brigades Internationales,
avec 5 Draveillois. Commence alors l'aventure de la publication de Russie d'aujourd'hui, revue de l'association des Amis de l'Union Soviétique (AUS). Laventure de Russie daujourdhui et des AUSEn compagnie de Jean LURÇAT, Fernand GRENIER et Paul VAILLANT-COUTURIER, DREYFUS assure le développement de la revue, de son lancement début 1933 jusqu'au 24 octobre 1936, date de son départ pour les Brigades internationales. La forte croissance de la revue de 1933 à 1936 reflète le développement de lintérêt pour la connaissance de lURSS. Le premier numéro sort en janvier 1933, tiré à 12 000 exemplaires par lImprimerie de la Maison des syndicats à la Grange-aux-Belles. À la fin de cette même année, le tirage atteint 27 000 et 136 000 au moment du Front populaire. Lassociation française des AUS avait été crée quelques années auparavant, en janvier 1928. Pour le 10e anniversaire de la Révolution dOctobre, en 1927, les syndicats soviétiques avaient invité pendant un mois près dun millier de délégués de tous les pays, dont 180 Français. Sur la proposition de Henri BARBUSSE et de lAllemande Clara ZETKIN, les délégués de tous les pays avaient décidé de constituer dans chaque pays des associations damitié avec lUnion Soviétique. Lassociation française, dont les fondateurs sont notamment Henri BARBUSSE et Paul VAILLANT-COUTURIER, se met en place début 1928. Fin 1932, elle compte 4 400 adhérents, pour atteindre 70 000 fin 1936. Henri BARBUSSE restera son président dhonneur jusquà son décès à Moscou le 30 août 1935. Romain ROLLAND prend alors sa succession. De lAUS, lhistorien Claude WILLARD dira (5) : « Cette Association a joué, dans la genèse du Front populaire et dans une meilleure connaissance de lURSS, un rôle de premier plan, jusquà présent ignoré ou sous-estimé ». La présence de Georges DREYFUS, personnage très politique, aux AUS, à ce moment-là, conforte ce point de vue. Il semblerait dailleurs quil ne se trouvait jamais en un lieu par hasard. Lors du IIIe Congrès de lAUS, les 21 et 22 septembre 1933 à la Bellevilloise, Georges DREYFUS présente un des quatre rapports, « LURSS en 1933 », le rédacteur en chef Jean LURÇAT fait le bilan pour la revue Russie daujourdhui, Fernand GRENIER présentant « lactivité générale et les finances » des AUS. DREYFUS écrit dans la revue sous le nom de DUFRENNE. En 1932, Jean LURÇAT na pas encore acquis sa notoriété de rénovateur de lart de la tapisserie contemporaine. Alors quil vit dans la gêne, il apporte chaque jour son concours bénévole à Russie daujourdhui. Il travaille chaque matin dans son atelier-appartement Villa Seurat dans le 14e et se rend chaque après-midi au siège des AUS. Né en 1892, il a alors 40 ans. Sa présence comme rédacteur en chef de la revue avait été sollicitée par Fernand GRENIER sur les conseils de Paul VAILLANT-COUTURIER. En 1933, l'année même du début de sa collaboration à Russie d'aujourd'hui, Jean LURÇAT inaugure ses réalisations sur métier à tisser. Ses premières tapisseries (1915-1932) sont exécutées au point sur canevas. L'Orage sera tissé à Aubusson sur métier de basse lisse, puis Les Illusions d'Icare seront tissées en haute lisse à la Manufacture nationale des Gobelins. Son uvre de peintre-cartonnier (800 pièces tissées de 1940 à 1962) et son action à la tête de l'Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie marquent la renaissance de l'art textile monumental. Ses thèmes seront souvent engagés, sa préoccupation étant manifestement la libération humaine.
Fin 1936, Jean LURÇAT reçoit sa première commande des Gobelins, Les Illusions dIcare. Sa charge de travail s'accroît, il ne peut plus apporter la collaboration quasi-quotidienne qui avait été la sienne depuis 1933. Il est alors remplacé par André WÜRMSER comme rédacteur en chef de la revue Russie d'aujourd'hui. Son compagnon Georges DREYFUS avait quitté un peu plus tôt la revue et les AUS pour cause d'engagement dans la guerre d'Espagne. Jean LURÇAT connaissait Draveil, des militants communistes ont fait sa connaissance chez Sylvain GERVAIS. Avant la mitraillette, la machine à écrireÀ Draveil, Georges assure la formation politique des militants. Roger PAYEN, jeune communiste, suit son enseignement (16) : Georges DREYFUS était au Parti, il faisait des conférences. Il était le formateur, pas un, LE formateur des Jeunesses à Draveil. Cest lui qui venait dans la maison du père TRIOULLIER quand on faisait des réunions de jeunes, puis qui a continué après jusquau temps où on a eu la barraque de L'Oseraie [1936]. On a toujours été liés, puis après, il ny a que la guerre qui nous a séparés. Cest lui qui nous a fait appréhender, lire, étudier davantage MARX et d'autres. Cétait linitiateur politique, avec des formules que je réentends souvent, « La philosophie sans la lutte, cest aller à la défaite ». MARX, cest DREYFUS qui nous la mis dans la tête. Cétait un gars particulièrement attachant à tous les points de vue. Camille JULIAN se souvient aussi de ce camarade (6) : En 1934, au moment des ligues fascistes, DREYFUS nous avait dit : «une machine à écrire, ça vaut une mitrailleuse». Au début de la guerre, nous nous en sommes souvenus. Le père LINARD était un bricoleur, il a fait un trou dans un mur de son pavillon pour cacher la machine à écrire. Après ça, il a dû la donner au Parti. En 1934, DREYFUS nous faisait des cours de marxisme et on a formé des comités antifascistes, j'étais dans un de ces comités. Et j'étais secrétaire du Comité antifasciste de la Monnaie, où je travaillais. J'ai été secrétaire de cellule de la Monnaie, aussi. Durant les années précédant la guerre dEspagne, Georges et son épouse font de longs séjours en URSS. Georgette GUÉGUEN-DREYFUS, écrivaine, écrit un roman, Tu seras ouvrier, qui est publié en feuilleton dans l'Humanité. Il est ensuite édité en 1935 par les Éditions sociales internationales, préfacé par Romain ROLLAND et illustré par Frans MASEREEL. La traduction du livre en russe et sa publication permettent au couple de passer plusieurs mois en URSS vers 1936 (7). Aux élections municipales des 5 et 12 mai 1935, Georges DREYFUS est élu conseiller municipal. Le score de ces élections est sans appel : sur 23 conseillers élus, 18 communistes, 5 socialistes. La commune confirme sa réputation, on l'appelait alors «Draveil-la-Rouge». L'application des «décrets-lois» de misère avait amené la constitution en janvier 1935 d'un «front commun» qui deviendra le «Front populaire» revendicatif et antifasciste le 28 juin 1935. Toute la Région parisienne prend des couleurs. Le nombre de municipalités communistes passe de 9 à 26 dans la Seine, de 6 à 29 en Seine-et-Oise. Au Conseil municipal du 17 mai, sont élus à l'unanimité des 23 conseillers, maire : Gaston VERNETTI, 1er adjoint : Léon BRU, 2e adjoint : Jean TRIOULLIER, 3e adjoint : Henri CATINOT, tous communistes. Le 29 juin, le lendemain de la proclamation du «Front populaire», la presse réactionnaire (9) se demande combien a coûté la bannière rouge posée au balcon de la mairie lors de la Fête communale et ce qua coûté la peinture rouge des perches municipales. Sans doute pas plus que du tissu blanc et de la peinture blanche, et Draveil justifie ainsi son suffixe. La même presse (10) s'indigne encore d'entendre dans les rues de la ville des groupes de jeunes gens et jeunes filles crier «Les soviets partout ! » sur le trajet les menant de la gare de Juvisy jusqu'au Camp de la Paix.
Le Camp de la Paix de Mainville est en effet un des acquis de cette municipalité de «Front populaire». On lira dans d'autres pages de ce site comment ce Camp a joué un rôle dans le développement de la Résistance, dans la formation des Bataillons de la Jeunesse (voir notamment SOI et Camp de la Paix, notices sur Maurice LEBERRE et sur le Colonel FABIEN). Au bilan de cette municipalité se trouve entre autres acquis la création du dispensaire municipal inauguré le 1er août 1936. En ce début de 2004 où une droite extrême gouverne la France, la population, avec son élu communiste Jean-Pascal BONSIGNORE, se bat pour conserver ce centre de santé qui a permis à plusieurs générations de Draveillois de se soigner dans de bonnes conditions. Adieu MahoraLe 24 octobre 1936, Georges quitte Russie d'Aujourd'hui, les AUS et Draveil pour rejoindre les Brigades internationales où il part sous les ordres de DECAUX. Réformé de larmée française pour raison de santé, il assume d'abord des responsabilités politiques et administratives au SRI d'Albacète (Secours Rouge international). (11). En avril 1937, il est nommé secrétaire du Centre de rééducation des mutilés dans le château de Mahora, à quelques kilomètres d'Albacète, dans la Mancha, le pays de Don Quichotte. À Mahora, Georges est Délégué politique, il a en charge la vie culturelle du centre.
Dès son départ dans les Brigades, Georges tient son journal, écrit des poèmes. Après la guerre, Georgette rassemble ces notes ainsi que des témoignages d'amis de georges, combattants dans les Brigades, en vue d'écrire un roman sur la Guerre d'espagne. Avant son décès, elle n'aura que le temps de mettre en forme ces récits dans un manuscrit inédit titré "Adieu Mahora"(19).. Georges dédie ce travail à ses compagnons : À tous les Volontaires qui ne
demandèrent Georges DREYFUS Georges rentre à Paris le 13 novembre 1938, avec le bataillon "Commune de Paris", lorsque les survivants des Brigades sont rappelés en France. Une foule immense accueille les Brigadistes.
Après quelques mois de chômage, Georges DREYFUS entre au Palais de la Découverte, section « Espace », au début de l'année 1939. Il passe là quelques mois, heureux dans son élément, la science et la philosophie. (18). La RésistanceAu moment de l'entrée en guerre, larmée annule sa réforme et l'envoie dans l'artillerie à Vannes. Suite à la loi de déchéance du 21 janvier 1940, Georges DREYFUS, ainsi que 4 autres conseillers municipaux communistes de Draveil, est déchu de ses fonctions électives. L'article 1 de cette loi (signée notamment par DALADIER le Munichois) stipule : «Tout membre d'une assemblée élective qui faisait partie de la Section Française de l'Internationale Communiste, visée par le décret du 26 septembre 1939, portant dissolution des organisations communistes, est déchu de plein droit de son mandat, du jour de la publication de la présente loi, s'il n'a pas, soit par démission, soit par une déclaration, rendue publique à la date du 26 octobre 1939, répudié catégoriquement toute adhésion au Parti Communiste et toute participation aux activités interdites par le décret susvisé.» Le 26 février 1940, le Conseil de Préfecture de Seine-et-Oise déclare déchus de leur mandat de Conseillers municipaux : Yves PERRON, Marcel CAZIN, Henri CATINOT, Georges DREYFUS, Charles MENVIELLE. Ils seront réhabilités, les survivants seront rétablis dans leurs fonctions à la Libération. En juillet 1940, Georges retrouve Georgette dans l'Indre où l'exode l'a conduite. Les juifs n'étant pas admis en zone occupée, Georges ne peut reprendre son travail au Palais de la Découverte. À Châteauroux, il travaille comme chauffeur du Général Fontaine, puis comme ouvrier agricole, alors qu'il n'a jamais tenu un outil de jardinage.(18). DREYFUS entre en résistance dès 1940. Il travaille à cette époque au bureau du « Secours aux enfants juifs », rue des Américains à Châteauroux. La position stratégique de Châteauroux, très proche de la ligne de démarcation, en son point le plus au nord, est propice aux actions de passage entre les deux zones. Georges DREYFUS est souvent amené à confier des enfants juifs venus de Paris à des personnes de confiance pour les conduire dans des fermes du côté de Buzançais. Gilberte PICARD est une de ces personnes de confiance. Avec ses deux surs institutrices, Marguerite et Germaine PICARD, elles hébergent des résistants, assurent les passages de la ligne de démarcation. Pour soigner une crise de sciatique, Georges DREYFUS est ainsi hébergé chez elles dans leur maison près de l'Abbaye de Déols. Le jour même de la mort de Georges, le 30 août 1944, un drame survient. Un soldat allemand arrive et exige d'emmener une des surs. Sous la menace d'un fusil, Germaine est violentée, les autres vivent une nuit de terreur. En raison de ses actions de résistance, Georges DREYFUS est interné politique par la police française en été 1943. Malade, il est enfermé dans une prison un peu spéciale, le « cabanon » de lhôpital de Châteauroux, où les détenus politiques peuvent se réunir, mener des discussions politiques et littéraires. Georgette (12) peut aller lui rendre visite presque quotidiennement. Une tentative de fuite se solde par un échec. Tous les détenus politiques quittent le « cabanon » pour la maison darrêt. Georges est alors transféré dans la terrible prison de Limoges, à 10 par cellule prévue pour un seul prisonnier. Le calcul est vite fait : 2,3 m3 d'espace vital par prisonnier. En octobre 1943, DREYFUS est relaxé par un jugement de la Cour de Justice de Limoges, mais 8 de ses anciens compagnons sont déportés. Deux seulement reviendront des camps. Georges entre alors en clandestinité. En novembre 1943, Georges provoque la constitution du « Font national de lIndre », le but étant de coordonner la lutte des différents mouvements de résistance et des maquis, et de rassembler la population afin de les soutenir. La première réunion a lieu chez Roger CAZALA, un intellectuel ami des DREYFUS, pharmacien à Châteauroux. CAZALA est nommé président du Front National de lIndre, Georges DREYFUS en sera le secrétaire. Cest chez CAZALA, que se tient, en mars 1944, la réunion constitutive du Comité Départemental de Libération de lIndre. Roger CAZALA sera arrêté le 30 mai 1944 et meurt en déportation. En janvier 1944, Georges DREYFUS échappe de justesse à la Gestapo. Il rejoint les FTP du Commandant ESMELIN au maquis de Dampierre où Georgette le rejoint. Il est remplacé au secrétariat du Front national. Au maquis, Georges DREYFUS occupe successivement plusieurs responsabilités en tant qu'officier détat-major. A loccasion dune liaison, en juin 44, DREYFUS, lancien des Brigades internationales, est reçu chaleureusement au maquis de Chabenet, près d'Argenton, par des résistants espagnols nombreux dans ce maquis, comme dans de nombreux maquis français. En juillet 1944, il se trouve au maquis FTP de Dampierre, dans la vallée de la Gargilesse. Connu par tous comme le lieutenant « Paul », il est alors capitaine. Il est amené à faire un stage à létat-major du maquis de Saint-Benoît-du-Sault quil quitte au moment de la Libération pour létat-major départemental. En août, le «lieutenant Paul» est appelé à renforcer le commandement du 3e bataillon FTP nouvellement formé avec les compagnies FTP 2202 de Chabenet, 2207 dArgenton-sur-Creuse, 2215 de Saint-Gaultier et dune compagnie étrangère comprenant des Espagnols et des Russes. A la mi-août 44, les crimes dOradour viennent dêtre commis. Mais le « lieutenant Paul », seul et sans arme, obtient à Migné la reddition de 7 soldats allemands armés. Les villageois, témoins de la scène, nen reviennent pas. Ils témoignent, en 1967, auprès de sa femme Georgette : « Seul, il est allé seul, personne ne pouvait le croire, ni le comprendre, personne dautre naurait osé le faire ». Mais Georgette connaît cet aspect de la personnalité de son mari : « Ceux qui ont connu Paul savent comment il pouvait convaincre par la seule puissance de sa parole ».
Le 30 août 44, Georges DREYFUS tombe dans une embuscade, est massacré. Georgette relate les circonstances de sa mort (13) : Le 30 août 44, le lieutenant Paul qui venait de faire une liaison avec un maquis de la Brenne à la Cellette, trouva sa retraite coupée, le pont par lequel il était arrivé de Châteauroux venait de sauter. Il fut obligé de revenir par Neuillay-les Bois et tomba dans une embuscade dHindous. Le lieutenant Paul sauta de voiture à droite, son chauffeur Raymond Guesnier sauta à gauche. Ils furent tués, tous les deux, et criblés de coups de couteaux. Le civil assis derrière, sans doute tué le premier, fut brûlé dans la voiture incendiée On sut quelques jours plus tard que larmée allemande qui encerclait Châteauroux était la colonne Elster de 18000 hommes Le 30 août, les gens du village de Neuillay sétaient vu refuser par les Allemands de relever les deux morts sur la route, de les emporter dans leur mairie, de les veiller, de leur rendre les derniers devoirs Cette formidable colonne Elster comprend 18000 soldats de la Wehrmacht, accompagnés par une formation dHindous de sans doute 1810 hommes sous commandement allemand. Ces Hindous tuent, pillent, violent sur leur passage. Cette colonne quitte la côte Atlantique dans lobjectif de se replier sur Dijon à partir de laquelle les Allemands pensent être sauvés des maquis qui harcèlent sans cesse les convois. De toutes parts, de Bordeaux jusquà lIndre, les troupes sont attaquées par les maquisards et par laviation alliée. Le 10 septembre 44, le général allemand Elster se rend Le 10 septembre, l'explosion dune bombe à retardement tue 11 maquisards. On leur fit le lendemain des funérailles grandioses. Aux onze jeunes morts de la veille la Résistance adjoignit le capitaine Georges DREYFUS et son chauffeur Raymond GUESNIER tués le 30 août. Georges DREYFUS obtient la Croix de guerre et la Légion d'honneur.
Un véritable sentiment de frustration suit, chez les FFI, l'annonce de la reddition de la colonne Elster, car le "respectable" (14) général nazi Elster obtient de se rendre aux Américains et non à la Résistance intérieure. Alors que dans plusieurs régions au nord de la Loire les Américains chassaient les Allemands avec l'appui de la Résistance, au sud de la Loire, les résistants FFI et FTP étaient pratiquement seuls aux prises avec les colonnes allemandes en retraite. Les départements de Corrèze, Haute-Vienne, Creuse, Indre voient une très forte implantation des maquis. La combativité de la R5 (Région 5) lui vaudra d'être baptisée «la petite Russie» par les Allemands (15). Les Résistants voient leur échapper non seulement une victoire militaire méritée et des milliers de prisonniers, mais surtout l'important matériel de guerre saisi qui aurait été fort utile pour l'armement des maquis et la poursuite de la guerre. Par ses activités politiques au moment de la construction du Front populaire, de la guerre d'Espagne contre le fascisme émergeant et dans la Résistance, Georges DREYFUS a pris toute sa place dans la conquête des droits nouveaux obtenus en 1936 et à la Libération. Pour cela, il est de ceux qui ont fait don de leur vie. C'est à tout le contrat social établi à cette époque que s'attaquent les gouvernements de notre pays depuis trop d'années. |
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Martine Garcin Dernière mise à jour : 8 mars 2005 (1) Georges COGNIOT, 1901-1978, agrégé
de Lettres, École normale supérieure, secrétaire
général de l'Internationale des travailleurs de l'Enseignement,
député du XIe en 1936, représentant du PCF à
l'Internationale Communiste de septembre 1936 à octobre 1937, rédacteur
en chef de l'Humanité de 1937 à 1949, sénateur
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